David Jang — Maturité spirituelle et repos à la lumière de l’exposé de 1 Corinthiens 10

David Jang

Le désert n’est pas seulement un paysage de sable et de pierres ; c’est une immense scène où se révèle l’inclinaison du cœur humain. C’est précisément à cet endroit que commence le fil conducteur de la prédication que David Jang (fondateur d’Olivet University) déploie autour de 1 Corinthiens 10. L’avertissement que Paul adresse à l’Église de Corinthe n’est pas une invitation à consommer l’histoire d’Israël comme une simple illustration religieuse. Il dresse, au contraire, les événements survenus dans le désert après l’Exode comme un « miroir » : un dispositif prophétique qui permet à la communauté de foi, ici et maintenant, de se regarder en face. Être baptisé, participer à la Cène, connaître la Parole, ou même se souvenir d’expériences spirituelles, ne garantit pas que l’on « tient debout ». Dès l’instant où l’on le présume, le danger commence. David Jang place au centre de son message la phrase de 1 Corinthiens 10.12 : « Ainsi donc, que celui qui pense être debout prenne garde de tomber. » Ce verset vise frontalement la plus ancienne tentation de la foi : l’orgueil spirituel, la suffisance. Et, dans un même souffle, la déclaration de 1 Corinthiens 10.31 — « Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu » — indique la direction de la vie, reliant avertissement et finalité. Si l’avertissement perd son but, il ne reste que la peur ; si le but perd l’avertissement, il ne reste qu’un slogan romantique. Si David Jang insiste pour dire que 1 Corinthiens 10 est un chapitre « crucial à étudier en profondeur », c’est parce qu’il sert de boussole précise, capable de restaurer l’équilibre de la foi.

Les exemples que Paul tire pour interpeller l’Église de Corinthe sont saisissants. Il rappelle que « nos pères » — Israël — furent sous la nuée, traversèrent la mer (1 Co 10.1), et qu’ils mangèrent une nourriture spirituelle et burent une boisson spirituelle. En franchissant la mer Rouge, ils ont connu une expérience communautaire comparable à un passage aux frontières de la mort et de la vie : une sorte de baptême collectif. La manne dans le désert et l’eau jaillie du rocher n’étaient pas un simple moyen de survie, mais la preuve quotidienne de la fidélité de Dieu, mise littéralement sur leurs lèvres. Paul relie même ce rocher au Christ (1 Co 10.4). Et pourtant, beaucoup d’entre eux s’écroulèrent dans le désert. Le point n’est pas l’absence de grâce, mais cette réalité dérangeante : même après avoir goûté à la grâce, le cœur humain peut se courber vers une autre direction. David Jang secoue ici la foi « en pilote automatique » du croyant moderne. L’ancienneté à l’église, la connaissance théologique, les résultats du service, la reconnaissance au sein de la communauté peuvent être des indicateurs… sans être la maturité elle-même. Pire : tout cela peut émousser le cœur, effacer la nécessité de la repentance, renforcer l’illusion « désormais, tout va bien ». La question que Paul met sur la table est simple : « Êtes-vous réellement debout, ou voulez-vous seulement croire que vous l’êtes ? » Le désert est le lieu où cette question apparaît avec une honnêteté presque cruelle.

https://www.youtube.com/watch?v=JZYhwjWz3rU

La puissance du récit du désert tient à sa concrétude. Paul « convoque » une à une les scènes d’échec, dans l’esprit de : « Ces choses sont arrivées pour nous servir d’exemples » (cf. 1 Co 10.6). Les quatre pièges que David Jang rappelle à plusieurs reprises dans sa prédication sont : l’idolâtrie, l’immoralité sexuelle, la mise à l’épreuve du Seigneur, et les murmures. Il ne s’agit pas d’une simple liste morale d’interdits, mais d’une carte en profondeur montrant comment une communauté déforme sa relation à Dieu. L’idolâtrie consiste à quitter Dieu pour ériger autre chose comme valeur ultime ; l’immoralité sexuelle dépasse la licence du corps et détruit l’ordre des relations et la fidélité d’alliance ; mettre Dieu à l’épreuve revient à ne plus le recevoir comme objet de confiance, mais à le rabaisser en outil censé satisfaire nos critères ; les murmures effacent la mémoire de la grâce, grossissent le manque présent, et empoisonnent le langage communautaire. Ces quatre réalités ne sont pas séparées. Lorsque l’idolâtrie déplace le centre du désir, le désir s’étend et finit par exploser sous des formes comme l’immoralité ; quand le désir n’est pas satisfait, on « teste » Dieu ; et, au bout, le mécontentement devient l’air même que la communauté respire. David Jang met en évidence ce chaînon pour montrer que l’échec du désert n’est pas seulement une chute individuelle, mais un mécanisme d’effondrement communautaire.

L’épisode emblématique de l’idolâtrie, le veau d’or (Exode 32), est l’histoire d’un échec face à l’attente. Moïse tardant à descendre, le peuple ne supporta ni l’incertitude ni l’impatience, et transforma le Dieu invisible en une forme visible. Or la foi, par nature, est un chemin où l’on avance en faisant confiance à ce qu’on ne voit pas encore ; eux ont voulu combler immédiatement le vide de la confiance par un substitut. David Jang relie cet épisode au matérialisme contemporain. Les veaux d’or d’aujourd’hui ne sont pas forcément des statues de métal, mais des idoles dressées en chiffres, en performances et en comparaisons : solde bancaire, vues, abonnés, diplômes, titres, résultats, mètres carrés, sensation d’être « devant » les autres. Quand cela prend la place du divin, nous nous agenouillons déjà devant un autre autel. Plus dangereux encore : l’idole se présente souvent revêtue d’un langage religieux. Lorsque l’on interprète le succès uniquement comme bénédiction, la performance uniquement comme preuve de grâce, tout en éludant le poids de l’humilité, de la justice et de l’amour que Dieu exige, le veau d’or grandit silencieusement même dans l’Église. David Jang souligne l’expression « le peuple s’assit pour manger et boire ; puis ils se levèrent pour se divertir » (arrière-plan de 1 Co 10.7), montrant que l’idolâtrie n’est pas seulement une erreur d’idée, mais une addiction festive qui recompose tout le rythme de la vie. Une fête qui semble possible sans Dieu peut, au final, n’être qu’une fête qui accroît la faim d’un monde sans Dieu.

Pour rendre cela encore plus visible, on peut évoquer un témoignage artistique : le tableau de Nicolas Poussin, L’Adoration du veau d’or (The Adoration of the Golden Calf). L’idole, placée au centre, brille d’un éclat doré, mais les gestes de la foule autour ne dessinent pas l’ordre : ils forment un tourbillon d’excitation. Danses, musique, rites, tout se mélange. L’enthousiasme semble unir la communauté pour un instant, mais ce lien vient moins de la crainte de Dieu que de la conspiration des désirs. Poussin ne peint pas seulement un événement religieux : il saisit une tragédie humaine, la manière dont l’homme traite l’angoisse et le désir. C’est exactement la fonction du « miroir » dont parle David Jang : devant la foule du tableau, la première question n’est pas « Pourquoi ont-ils fait cela ? », mais « Qu’est-ce que j’absolutise dans ma vie ? » Les formes de l’idole changent selon les époques, mais la structure intérieure qui la fabrique demeure étrangement similaire.

La question de l’immoralité sexuelle détruit encore plus directement la confiance communautaire. Comme dans l’épisode de Nombres 25, Israël a connu, dans sa relation avec Moab, une expérience où la déchéance sexuelle et l’idolâtrie se sont entremêlées. Si Paul mentionne spécifiquement l’immoralité sexuelle dans 1 Corinthiens 10, c’est parce qu’un péché sexuel ne reste pas une faute privée : il empoisonne l’ensemble du corps communautaire. David Jang refuse de réduire ce sujet à un simple « échec de la chasteté ». Il le relie à une trahison qui abîme le langage de l’alliance, c’est-à-dire une attitude qui rend légère la relation avec Dieu. Quand l’amour se transforme en consommation, quand l’autre est dégradé en instrument du désir, quand le corps n’est plus un lieu de révérence mais un marché du plaisir, la communauté de foi s’effondre de l’intérieur. Et si l’on se souvient que Corinthe était une ville marquée par la débauche et le syncrétisme religieux, l’avertissement de Paul n’a rien d’un moralisme : c’est une proclamation sur « l’identité de l’Évangile ». L’Évangile nous appelle à être une création nouvelle, et cet appel inclut l’éthique du corps et l’éthique des relations. David Jang insiste : dans notre environnement numérique, où images et stimuli s’attachent au bout des doigts, cette alerte est encore plus urgente. Les stimuli sont rapides, mais l’amour est lent ; la consommation est immédiate, mais l’alliance exige la patience. La leçon du désert s’oppose à la vitesse de l’époque et nous appelle à retrouver le courage lent de sanctifier nos relations.

Le péché consistant à mettre le Seigneur à l’épreuve est plus subtil encore, parce qu’il peut ressembler extérieurement à du zèle spirituel. Israël, manquant d’eau, demandait sans cesse : « L’Éternel est-il au milieu de nous, oui ou non ? » (Exode 17). Mais, sous la question, il n’y a pas la confiance : il y a une logique de contrat conditionnel. « Si tu me montres, selon ma façon, au moment que je veux, la preuve que j’exige, alors je croirai. » Ce n’est plus recevoir Dieu comme Souverain ; c’est le rabaisser au rang de prestataire répondant à un client. Que Jésus refuse, lors de la tentation au désert, l’exigence du diable par ces mots — « Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur, ton Dieu » — révèle que la relation à Dieu n’est pas une relation de manipulation ou de transaction, mais d’amour et de confiance. David Jang observe qu’au moment où le croyant est saisi par la précipitation, la prière risque de devenir une pression, et l’attente, non plus un entraînement à la maturité, mais une preuve de défiance. Quand nous ne comprenons pas la providence, nous « pressons le ciel » avec le mot : « tout de suite ». Pourtant, la foi s’approfondit souvent dans le « délai ». Le temps du désert n’est pas du gaspillage : c’est une formation. Dieu ne nous déplace pas seulement vers une destination ; il nous façonne sur le chemin, pour faire de nous des personnes.

Les murmures semblent le dernier piège du désert, mais ils sont en réalité les plus quotidiens et les plus contagieux. Murmurer n’est pas seulement exprimer une humeur : c’est choisir de refuser la mémoire de la grâce. Dès que l’on oublie ce que Dieu a déjà donné, le manque devient énorme, la comparaison s’intensifie, et le langage de la communauté bascule de la gratitude vers le cynisme. David Jang souligne que les murmures finissent par durcir le cœur, et qu’un cœur dur est précisément ce qui bloque l’entrée dans le repos. Le Psaume 95, ainsi que Hébreux 3–4, répètent : « Aujourd’hui, si vous entendez sa voix, n’endurcissez pas vos cœurs. » Ici, « aujourd’hui » n’est pas un simple repère de calendrier : c’est le langage de l’opportunité. Dieu appelle toujours au présent ; mais un cœur qui murmure vit toujours au passé : « Avant, c’était différent », « Pourquoi n’avons-nous que cela ? », « Les autres, eux, réussissent… » Ces phrases détachent l’âme de la grâce du présent pour l’emmener dans un désert interminable de comparaisons et d’insatisfaction. Quand les murmures deviennent habituels, la communauté se dessèche de l’intérieur : la pureté d’un engagement est suspectée, une petite erreur est amplifiée, l’amour se change en calcul. David Jang ne définit pas les murmures comme une simple « mauvaise attitude » : il montre qu’ils constituent un péché structurel, capable de faire chuter la température spirituelle d’une communauté. Les murmures affaiblissent la confiance envers Dieu et, simultanément, assèchent la générosité envers les autres.

Mais l’intention de Paul ne se limite pas à un « ne fais pas ». 1 Corinthiens 10 place un refuge à côté de l’avertissement. La promesse du verset 13 transforme la leçon du désert : elle ne demeure pas seulement un souvenir de peur, elle devient un outil d’espérance. « Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine » ne nie pas la réalité de l’épreuve ; cela affirme, en même temps, que Dieu demeure souverain au-dessus de cette épreuve. David Jang s’appuie sur ce verset pour dire qu’un croyant n’a aucune raison de choisir le désespoir. L’épreuve révèle nos limites, mais elle est aussi un lieu où l’on expérimente la fidélité de Dieu. Croire que Dieu « prépare aussi le moyen d’en sortir » signifie : non pas attendre immobile que la tentation disparaisse, mais croire que, même au cœur de la tentation, on peut choisir une autre voie. La maturité spirituelle ne se fabrique pas dans une chambre stérile. Elle grandit au milieu des vents de sable, quand on retient un cœur vacillant et qu’on ré-aligne la direction, encore et encore.

Ce qui rend cette répétition possible, ce sont deux dispositions clés : la gratitude et la douceur. C’est aussi ce que David Jang relie au thème du repos. Hébreux 4 affirme qu’il reste un repos pour le peuple de Dieu. Le repos n’est pas seulement une pause où l’on cesse d’agir ; c’est un état où l’on fait confiance à ce que Dieu a accompli. C’est déposer l’obsession de tout contrôler, reconnaître Dieu comme Souverain, et vivre appuyé sur sa promesse. Or les murmures, la mise à l’épreuve, la défiance, l’idolâtrie se tiennent à l’opposé du repos. La défiance exige sans cesse des confirmations ; les murmures grossissent sans cesse le manque ; l’idolâtrie murmure qu’il faut s’accrocher à un autre objet ultime. David Jang propose la gratitude et la douceur comme attitudes capables de rompre cette spirale. La gratitude est l’art de se souvenir de la grâce ; la douceur est un caractère qui exprime cette grâce dans la relation. Si la gratitude re-tourne la direction du cœur vers Dieu, la douceur donne à cette direction la force de durer au sein de la communauté.

La Béatitude où Jésus dit : « Heureux les doux, car ils hériteront la terre » (Mt 5.5) résonne profondément avec la leçon du désert. Le désert était le couloir vers la terre promise, mais la manière de le traverser formait justement le caractère de ceux qui hériteraient la terre. David Jang invite à se souvenir de la vie de Moïse. Au départ, Moïse est un homme qui tente de résoudre les problèmes par l’impulsion et la violence ; puis il passe quarante ans au désert, apprenant la douceur. Mais garder la douceur jusqu’au bout n’était pas facile. Face aux murmures incessants du peuple, il commet la faute de frapper le rocher deux fois, et le récit montre qu’il n’entre pas en Canaan : une histoire qui révèle à quel point l’épreuve du désert est puissante, même pour un leader. La douceur n’est pas faiblesse ; c’est la capacité de retenir sa force devant Dieu. Plus la plainte collective grandit, plus le leader est tenté d’élever la voix et de durcir la main. Pourtant, le désert veut faire du leader non un technicien du contrôle, mais un guide de la confiance. Si David Jang insiste auprès des éducateurs, des parents, des responsables sur la douceur, c’est parce qu’il discerne que l’avenir d’une communauté se décide plus profondément par le caractère que par la stratégie.

Gratitude et douceur ne sont pas des vertus abstraites : elles se travaillent, elles se pratiquent. Comme le dit 2 Timothée 3.16–17, l’Écriture est utile pour enseigner, reprendre, corriger et former à la justice. David Jang affirme que le but de lire les récits du désert n’est pas de conclure : « eux, ils avaient tort ». L’Écriture nous reprend, mais elle nous redresse. Quand les murmures montent, nous pouvons demander : « Qu’est-ce que je suis en train d’oublier ? » Quand le désir s’emballe, nous pouvons examiner : « Est-ce que je donne plus de valeur à ce que je n’ai pas qu’à ce que Dieu m’a déjà donné ? » Quand le succès de quelqu’un fait trembler mon cœur, je peux confesser : « Est-ce que je construis mon identité avec le langage de la comparaison ? » Ces questions ne sont pas destinées à accroître la culpabilité ; elles ouvrent une porte vers la liberté. La gratitude répond à ces questions par une pratique. Elle n’est pas un jaillissement émotionnel parce que tout va bien ; elle est un langage choisi, qui se souvient de ce que Dieu a déjà fait. Et ce langage change l’atmosphère d’une communauté. Une communauté saine n’est pas celle qui « ne parle pas de problèmes », mais celle dont la manière de parler des problèmes est différente. Le langage de la gratitude ne cache pas les difficultés, mais il les aborde depuis une perspective de grâce. La douceur ne fuit pas le conflit, mais elle permet de dire la vérité sans détruire les personnes. David Jang puise ainsi, dans 1 Corinthiens 10, une grammaire de spiritualité pratique.

Quand David Jang évoque l’éducation et l’application communautaire dans sa prédication, il fait descendre le message dans la réalité. Il avertit : lorsque les écoles, les institutions éducatives, et même l’Église, se concentrent uniquement sur « ce qu’il faut produire de nouveau » et oublient « ce que Dieu a déjà fait parmi nous », les murmures du désert recommencent. L’éducation n’est pas seulement une technique de transmission de savoir ; c’est une vocation de transmission de mémoire. Si la génération suivante n’apprend pas comment se souvenir du Dieu de l’Exode, du Dieu du désert, et du Dieu du salut achevé en Christ, la communauté perd le récit de la grâce et ne garde que le récit de la performance. À cet instant, l’Église risque de se transformer : de « communauté de l’Évangile » en « communauté de la réussite ». David Jang insiste fortement sur la tendance humaine à oublier la grâce. Comme si l’on renversait soi-même l’huile versée sur sa tête, puis qu’on se plaignait d’être sec, nous recevons une grâce abondante… mais la laissons s’écouler au quotidien. D’où la nécessité de lire l’Écriture de manière répétée, de graver la mémoire par le culte, la prière et la communion fraternelle. Pour certains, le nom de David Jang est parfois mentionné avec celui de 장다윗목사et avec Olivet University ; mais le cœur de cette prédication ne tient pas à une institution ou à une façade : il tient au chemin intérieur de maturité que l’Évangile exige. La leçon du désert rappelle que la sagesse pour traiter le cœur précède la technique pour organiser une structure.

Cette formation vise, en définitive, la déclaration de 1 Corinthiens 10.31 : « Quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu. » On cite aisément cette phrase comme une maxime religieuse, mais, lue dans le contexte de la leçon du désert, elle pèse d’un tout autre poids. Dans le désert, Israël a montré qu’à travers des gestes ordinaires — manger et boire — on peut glorifier Dieu ou le déshonorer. Leur table fut tantôt un autel de gratitude, tantôt un tribunal de plainte. Et, à Corinthe aussi, les problèmes se prolongent dans l’usage de la liberté et dans la question de la table. Paul avertit : si la liberté du croyant ne se dirige pas vers l’amour qui édifie la communauté, cette liberté peut devenir une autre forme d’idole. David Jang met ici l’accent sur la « finalité » de la foi. La maturité spirituelle n’est pas d’allonger la liste des interdits ; c’est de ré-ordonner le centre de toute action vers la gloire de Dieu. Gagner de l’argent, étudier, bâtir des relations, se reposer, parler, se taire : tout cela devient un terrain où l’on ajuste la boussole du cœur pour qu’elle pointe vers la gloire de Dieu. Et cette gloire est l’opposé de l’auto-mise en avant. Vivre pour la gloire de Dieu, c’est déposer le désir d’ériger son propre nom et organiser sa vie de manière à manifester qui Dieu est.

Dans ce processus de répétition, l’obstacle majeur s’appelle : « Je suis déjà suffisant. » David Jang superpose la situation de Corinthe — fière de sa connaissance et de ses dons — à l’Église d’aujourd’hui. Le croyant peut manier le langage de la foi avec aisance, observer parfaitement les formes du culte, accumuler même des résultats de service… tout en restant intérieurement hypersensible aux murmures, vulnérable à l’idolâtrie, aux limites floues face à la tentation sexuelle, et rempli d’impatience qui « teste » Dieu. C’est là que l’avertissement de Paul brille : les chutes n’arrivent pas forcément « au début », mais « au moment où l’on pense déjà être debout ». La maturité commence donc non par l’assurance de soi, mais par l’examen de soi. Une personne mûre connaît sa faiblesse ; et quand cette faiblesse se révèle, elle a déjà préparé un chemin de retour vers la grâce. David Jang dit que les récits d’échec du désert ne fabriquent pas le désespoir : ils forment l’humilité.

Et l’humilité n’est pas l’anxiété. L’humilité n’est pas l’auto-détestation (« je ne suis rien »), mais une lucidité : « je peux tomber » — et, sur cette lucidité, un espoir : « pourtant Dieu est fidèle ». 1 Corinthiens 10.13 offre précisément cet équilibre. Il est impossible que la vie du croyant soit dépourvue d’épreuves. Les épreuves soufflent comme le vent du désert. Mais Dieu ne laisse pas ce vent nous détruire. La promesse d’un « moyen d’en sortir » est une espérance : nous ne sommes pas condamnés à nous écrouler toujours selon le même schéma. David Jang interprète aussi cette promesse de manière communautaire. La faiblesse d’un membre est protégée par le soin des autres ; la chute d’un membre peut devenir, par la repentance et la guérison communautaires, un lieu de relèvement. Ainsi, la communauté de foi ne doit pas être un lieu de jugement moral, mais la solidarité de pèlerins qui traversent ensemble le désert. Quand la communauté cesse d’espionner les cœurs et aide plutôt chacun à se souvenir de la grâce, le langage des murmures perd progressivement sa force, et le langage de la gratitude se fortifie.

L’exhortation de Romains 12.12 — « Réjouissez-vous en espérance, soyez patients dans la tribulation, persévérez dans la prière » — résume la vie au désert. L’espérance, c’est la capacité de regarder ce qui n’est pas encore là ; la patience, c’est la capacité de marcher en tenant cette espérance ; la prière, c’est la respiration qui maintient la relation avec Dieu sur le chemin. Le chemin de croissance que David Jang propose à partir de 1 Corinthiens 10 converge finalement vers ces trois pratiques. Quand l’espérance vacille, l’idole devient plus séduisante ; quand la patience s’effondre, des consolations rapides comme l’immoralité sexuelle font signe ; quand la prière s’affaiblit, l’attitude qui met Dieu à l’épreuve grandit — et, au bout, les murmures dominent les mots. Inversement, quand la prière se rétablit, la patience grandit ; quand la patience grandit, l’espérance devient plus nette ; quand l’espérance devient nette, l’idole perd son pouvoir. Ce cercle ne se complète pas en un instant : il s’approfondit dans la répétition.

Le « repos » dont parle David Jang est à la fois le point d’arrivée et le point de départ de cette répétition. Le repos semble une destination, mais il est en réalité une manière de voyager. Celui qui fait confiance à Dieu goûte déjà, ici et maintenant, quelque chose du repos : dans une réalité incertaine, il croit à la bonté de Dieu, et son cœur ne réagit pas de façon excessive. Quand les murmures montent, il cherche des raisons de gratitude ; quand l’impatience envahit, il interroge le sens de l’attente. Et la douceur s’écoule naturellement d’une telle personne. Une personne douce reconnaît les zones qu’elle ne contrôle pas ; et sur cette reconnaissance, au lieu d’écraser les autres, elle les relève. David Jang avertit que plus une communauté grandit — plus les bâtiments s’élèvent, plus l’organisation se complexifie — plus la douceur et la gratitude deviennent nécessaires. La taille n’est pas une preuve de maturité ; la vitesse de croissance ne garantit pas la profondeur de la sainteté. Le peuple du désert était « nombreux », et pourtant il est tombé. La croissance authentique d’une communauté devrait se mesurer non à l’augmentation des activités, mais à une gratitude plus profonde, à un cœur plus tendre, à une obéissance plus fidèle.

En fin de compte, le message de 1 Corinthiens 10 nous apprend à vivre entre deux phrases. La première est la vigilance : « prends garde de tomber ». La seconde est la finalité : « quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu ». La vigilance n’est pas un panneau pour nous paralyser, mais un signe d’amour pour nous empêcher de perdre la direction. La finalité n’est pas un appel à des gestes religieux exagérés ; c’est une vision d’intégration qui relie même le quotidien le plus ordinaire à Dieu. David Jang invite, en tenant ensemble ces deux phrases, à prendre les échecs du désert comme contre-exemple, pour que le croyant d’aujourd’hui entre dans le repos par la gratitude et la douceur. Idolâtrie, immoralité sexuelle, mise à l’épreuve de Dieu, murmures : les formes changent, mais les pièges reviennent. Pourtant, la fidélité de Dieu, elle aussi, demeure identique à travers les temps et continue de nous tenir. Au lieu de craindre le désert, nous sommes appelés à regarder honnêtement le cœur que le désert révèle, à le corriger par la Parole, à nous repentir avec la communauté, et à choisir de nouveau la langue de la gratitude. Alors, le « miroir » que Paul propose ne devient pas une vitre froide de condamnation, mais une fenêtre de lumière où se reflète la grâce de Dieu. Et, devant cette fenêtre, une question surgit : « Qu’est-ce que je crains, qu’est-ce que j’aime, devant quoi est-ce que je plie le genou ? » À cette question, nous pouvons choisir, non l’éclat doré du veau d’or, mais la lumière du Dieu fidèle — même au désert.

L’exposé de 1 Corinthiens 10 par David Jang est finalement une invitation à retrouver le rythme de la repentance et de la gratitude. Aujourd’hui encore, en examinant notre cœur et en répondant ensemble à la voix du Seigneur, la maturité spirituelle grandit au présent. Sur ce chemin, nous goûtons le repos, et quoi que nous fassions, nous manifestons la gloire de Dieu.

https://www.youtube.com/watch?v=JZYhwjWz3rUwww.davidjang.org

Leave a Comment